RT
@ChienSurpris: Je pense sincèrement que les policiers sont très mal formés. Quand j'entends certaines histoires, j'ai l'impression qu'ils passent leur temps à débattre des règles, à micro-analyser le moindre geste, le moindre mouvement, le moindre détail, au point d'oublier l'essentiel : incarner l'autorité.
Et c'est précisément là que se situe, selon moi, le problème. Les forces de l'ordre ne représentent même plus correctement l'autorité de l'État. Beaucoup ne savent plus verbaliser, au sens premier du terme : s'exprimer clairement, formuler une instruction, donner un ordre, imposer un cadre par la seule maîtrise du langage et de leur posture.
Le langage institutionnel semble avoir disparu de leur bouche. Or, l'autorité, ce n'est pas seulement un uniforme, une arme ou la possibilité de sanctionner. C'est aussi une tenue intellectuelle, une capacité à s'exprimer, à maîtriser une situation sans entrer dans des négociations interminables. Je suis persuadé qu'il existe un véritable problème de niveau et de formation, qui participe à ce délitement général de l'État, jusque dans sa représentation intellectuelle.
Et puis, il y a une autre question que je me pose : comment peut-on encore avoir la vocation de devenir policier aujourd'hui ?
Il faut une force de caractère et une résilience considérables pour exercer ce métier. Les gouvernants vous instrumentalisent, vous envoient au front, puis vous abandonnent lorsque cela les arrange. Une partie de la population vous méprise parce que vous incarnez l'autorité de dirigeants dont elle subit les décisions et l'appauvrissement qu'elle leur attribue.
Vous vous retrouvez donc à défendre un système politique qui vous utilise comme un instrument de coercition, face à une population qui vous en tient personnellement responsable.
Et tout cela pour quelle reconnaissance, quelle considération, quelle perspective ?
C'est là que je décroche complètement. Je peux comprendre qu'on veuille protéger les autres, servir son pays, faire respecter la loi. Mais je comprends de moins en moins comment cette vocation peut survivre à un tel environnement institutionnel, politique et social.