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@blast_france: EHESS : le gouvernement matraque, les profs parlent des pancartes
Sur la liste de mail interne, des professeurs de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), supposément avant-garde mondiale de la production de savoirs critiques, sont vent debout. Non pas en réaction à la féroce répression des lycéens par le gouvernement, une main arrachée, un œil perdu, des milliers de gardes à vu traumatisantes, des insultes racistes de la part de la police, des coups de matraque jusqu’au sang. Pas ça, non. L’origine de la colère est de l’autre côté de la barricade, pourrait-on dire : une pancarte étudiante.
Celle-ci a été apposée sur le fronton du bâtiment de l’EHESS sur le campus Condorcet, à Aubervilliers, bloqué par les élèves toute la semaine. Il y est inscrit : « Illouz sioniste, EH complice ». Traduction : Eva Illouz sioniste, EHESS complice.
Eva Illouz est une sociologue de l’école, de nationalité franco-israélienne. Elle a multiplié les interventions médiatiques notamment depuis les attaques du 7 octobre 2023, dont elle résume elle-même la tonalité dans les colonnes du journal Haaretz en avril 2025 : « Au cours des dix-huit derniers mois, j’ai consacré mon énergie à écrire dans la presse internationale pour défendre Israël […] que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme et que les accusations de génocide contre Israël ne sont rien d’autre que la continuation de ce discours antisémite. » Dont acte « Illouz sioniste », en effet, envers et contre tout. Et même un peu plus, en réalité, il faut bien le dire : faussaire du réel. « EH complice » ensuite, pourquoi pas : à notre connaissance, jamais l’école n’a communiqué officiellement pour se distancier de ces prises de position tout à fait ineptes d’un point de vue politique, bien sûr, mais aussi scientifique.
Cette pancarte, âpre peut-être mais relevant d’une forme d’évidence, donc, a inauguré l’ouverture d’une boucle de mail interne passionnée. Après un premier mail du président de l’école, Romain Huret, un groupe de professeurs s’est enflammé : « C’est un acte de délation qui cloue au pilori, livre la personne nommée à la vindicte. » ; « Il y a surtout l’usage de l’adjectif. "Sioniste", ici, n’a rien à voir avec la signification — complexe et stratifiée — du mot. Son usage dans ce contexte renvoie à des pratiques anciennes, sinon connues : à l’histoire de l’antisémitisme soviétique et dans les pays du "bloc communiste" ; « Il est sidérant que nul ne réagisse davantage, et cette faiblesse en dit long sur l’abaissement de notre seuil de tolérance face à ce qui a bien un nom : l’antisémitisme. »
Une série d’autres messages sont venus s’y ajouter pour apporter leur soutien, dont un conclut, sans gêne : « Il semble que nous n'avons pas su transmettre à nos cadets nos valeurs. » Et nous, dès lors, de nous autoriser une remarque de clôture : Hallelujah.
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