
25 milliards de dollars. C'est le prix du projet américain de gaz naturel liquéfié en Alaska... secrètement financé par une entreprise russe sous sanctions.
Selon le Financial Times et le New York Times, la société américaine Polar LNG prévoit de construire un terminal d'exportation de GNL en Alaska d'une valeur de 25 milliards de dollars.
Sa direction a démissionné en bloc après la découverte d'un financement occulte de Novatek, le géant gazier russe.
L'ancien PDG Joel Riddle croyait au début que l'argent venait de la société émiratie Tech Wave Industrial Projects Management et d'un investisseur proche de la famille Trump, Gentry Beach.
Puis il a découvert que les fonds venaient de Novatek, qui participait aussi aux décisions stratégiques... avant même d'avoir les autorisations nécessaires 🤨
La maison se vide : Riddle démissionne en septembre, suivi du directeur financier Dan Chandra et du vice-président exécutif Jim Smith.
Les dessous qui font tâche :
-Le cabinet d'avocats américain Baker Botts a estimé que l'entrée d'un investisseur ayant travaillé chez Novatek, Bjorn Gundersen, posait de sérieux risques de sanctions aux yeux de Washington
- Des échanges internes entre dirigeants de Novatek évoquaient un versement jusqu'à 15 millions de dollars à Tech Wave.
- Selon le NYT, le projet a été discuté entre Poutine et les émissaires de Trump, Witkoff et Kushner. Un responsable américain assure que c'était évoqué "en gros", sans négociations détaillées.
Novatek, de son côté, admet avoir accordé à Tech Wave le droit d'utiliser ses technologies en Alaska, avoir signé un mémorandum avec Polar LNG en avril et viser une participation minoritaire.
Mais il nie tout deal : pas question, dit-il, d'un échange "levée des sanctions sur Arctic LNG 2 contre l'aide au projet en Alaska".
Polar LNG réplique que Riddle a été licencié et que tout est conforme au droit américain. Son remplaçant par intérim : Tim Tokington, qui dirigeait auparavant la filiale russe de Goldman Sachs.
Petit monde, hein 🙃
Le projet prévoit une capacité jusqu'à 21 millions de tonnes de GNL par an, avec technologie russe de liquéfaction, plateforme au large de la côte nord de l'Alaska, livraisons vers l'Asie.
Le ministère américain des Finances affirme prendre "extrêmement au sérieux" les violations potentielles des sanctions. Sans commenter, évidemment.
Tout ça pendant que Washington et Moscou négocient la fin de la guerre en Ukraine. Aujourd'hui, ça devient une habitude de financer d'une main et de condamner de l'autre 😡